Pauline Parmentier : « Au moins, j'aurai la fraîcheur et l'envie »
En panne de victoires, gênée par les blessures et lâchée par son entraîneur, Pauline Parmentier a vécu un sale début d'année 2013. Pas l'idéal pour préparer Roland-Garros, qui débute dimanche...
Loi des séries, spirale infernale... Finalement peu importe la formule choisie, le constat, lui, est sans appel : Pauline Parmentier vient sans aucun doute, à vingt-sept ans, de vivre la première partie de saison la plus déprimante de sa carrière.
Même si elle pointe encore aujourd'hui au 78e rang mondial, son compteur n'affiche que quatorze rencontres en 2013, dont deux en Fed Cup, et surtout seulement deux victoires.
« Tenir le coup »
La première, obtenue lors du premier tournoi de la saison à Auckland, face à l'Américaine Christina McHale (33e mondiale), laissait pourtant entrevoir de belles choses. Elle fut, hélas, sans suite, sa marche en avant étant sans cesse contrariée. « C'est vrai que l'année 2013 n'est vraiment pas terrible pour l'instant, reconnaît la jeune femme qui a grandi à Berck. Je n'ai pas très bien joué au début, puis il y a eu ces blessures. Ce n'est pas idéal mais, qui sait, peut-être qu'il y aura une compensation avec une belle seconde partie de saison ? » D'abord gênée par une bursite à l'épaule, la Nordiste a mis du temps à s'en remettre. « J'ai été infiltrée pour le match de Fed Cup en février contre l'Allemagne mais j'ai sans doute repris trop tôt et j'ai eu des inflammations de l'épaule », explique-t-elle. En désespoir de cause, elle a même fini par tenter des soins aux sangsues : « J'ai essayé, sourit-elle. Et finalement j'ai l'impression que ça m'a fait du bien. J'ai pu reprendre l'entraînement le week-end dernier et ça se passe plutôt pas mal. Je vais pouvoir augmenter les doses de travail à l'entraînement, c'est déjà une bonne nouvelle. » Forfait pour le tournoi de Strasbourg cette semaine, elle se présentera, en revanche, porte d'Auteuil sans le moindre repère : « Je n'ai pas beaucoup joué, pas beaucoup gagné, je n'ai pas pu faire de tournois de préparation donc ce n'est pas la situation rêvée pour arriver à Roland-Garros , admet-elle. Mais je me dis qu'au moins, j'aurai la fraîcheur et l'envie. » Pauline Parmentier débarquera aussi à Roland-Garros sans entraîneur officiel, Julien Jeanpierre ayant décidé de l'abandonner, il y a quelques semaines, pour rejoindre le staff de la Biélorusse Victoria Azarenka. « Une séparation avec un entraîneur n'est jamais agréable mais c'est surtout humainement que ça a été difficile à gérer, assure-t-elle. La manière dont il m'a lâchée n'a pas été top. C'est surtout ça qui m'a fait bizarre. »
Avec Thierry Champion
Depuis, son club du TC Paris s'est heureusement activé pour ne pas la laisser seule sur le bord de la route. « Le club m'a filé un coup de main en me permettant de travailler avec Thierry Champion, précise-t-elle. Pour la suite, aucune décision n'est prise. On verra comment ça se passe. Pourquoi pas continuer avec lui... même s'il y a un bémol : Thierry ne souhaite plus trop voyager désormais. » Dans un tel contexte, il est bien évidemment difficile d'afficher des ambitions pour ce Roland-Garros, dont le tirage au sort a lieu ajourd'hui : « Mon seul véritable objectif c'est de tenir le coup physiquement, conclut-elle. Si je sors du court en étant capable d'enchaîner les jours suivants sur un autre match ou une séance d'entraînement, ce sera déjà très bien. »
PAR DAVID DELPORTE
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