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Old May 23rd, 2012, 04:56 PM   #216
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Re: Les articles sur Aravane

Aravane Rezai en quête de respect

Dans L’Equipe Mag de ce week-end, Dominique Bonnot nous donne des nouvelles d’Aravane Rezai dans un article intitulé : « Enfin seule ! ». Le journaliste revient sur les souffrances de la joueuse française, ses maladresses et ses avancées en vue de retrouver le niveau qui est le sien.
Au sujet de l’imbroglio s’étant produit en février lors d’un match de Fed Cup opposant la France à la Slovaquie, Aravane Rezai aborde la question du respect, de l’attitude de l’entourage, lorsqu’un athlète de haut niveau n’est plus performant. Même si ce dernier sait au fond de lui qu’il n’existe qu’à travers ses résultats, qu’il s’agit de la règle du jeu, la première confrontation à cette réalité reste déstabilisante pour l’être humain qui la vit. Aravane Rezai explique longuement : « Quand je suis arrivée là-bas (en référence au match de Fed Cup), je pensais à tort que j’allais être sélectionnée, mais j’ai senti un rejet, un respect qui n’était plus le même qu’avant, de la part du même entourage. J’étais la fille qui ne gagne plus, celle qui ne fait pas l’effort qu’il faut. C’est normal : quand tu es 500e, on ne te respecte pas comme quand tu es 10e. Mais je n’avais pas anticipé ce phénomène. Je n’étais pas bien, je restais dans mon monde. Je demandais autant que quand j’étais 15e, je ne voyais rien en retour. Pourquoi ces gens qui étaient collés à moi quand je gagnais me laissaient-ils toute seule ? La réalité s’est imposée à moi : si demain, je crève de faim, il n’y aura personne pour m’aider. J’ai eu beaucoup de mal à avaler ça. Mais ça a été un déclic. Ma non-sélection était logique et, pourtant, j’en ai été très affectée. J’ai réalisé que, si je ne faisais pas les efforts tennistiquement, je n’aurais plus jamais le même respect ni les mêmes avantages qu’avant. Ça a été une leçon de vie énorme » (p.51).
La joueuse reconnaît donc la situation comme normale mais témoigne du désordre intérieur induit. Souvent parce qu’il faut admettre une bonne fois pour toutes que si le talent et les résultats de l’individu intéressent, l’individu en lui même intéresse peu. La place occupée au sein de ce monde, du clan, est déterminée par les victoires qui, ELLES, suscitent admiration, intérêt et respect pour celle ou celui qui les obtient, mais pas nécessairement pour la personne en elle-même. L’athlète a beau connaître cette réalité, il a besoin de s’y confronter pour l’assimiler et apprendre à vivre avec cette règle. Emmanuel Petit témoigne (« A fleur de peau », 2008, p.57) : « On vit toujours dans l’apparence. Dès que tu montres des signes de vulnérabilité, certains en profitent pour t’enfoncer. Il suffit que tu fasses deux ou trois mauvais matchs, et tu sens tout de suite un peu de distance qui se crée, même au sein de ta propre équipe. Et quand tu as le talent, c’est la jalousie qui peut s’installer ». La blessure est également un bon détonateur pour ce genre de prise de conscience.
Pour intérioriser cette « règle du jeu », l’accepter et mettre à distance les souffrances qu’elle peut induire dans les périodes où l’athlète est déjà déstabilisé par sa baisse de performance, il est important que ce dernier garde sa « double identité » : son identité de femme / d’homme et son identité de sportif de haut niveau. Les deux identités doivent apprendre à cohabiter, il ne s’agit pas pour l’une de dévorer l’autre mais de parvenir à une juste répartition pour une meilleure analyse des situations et protéger l’être. Une telle « philosophie » se cultive. Un individu ne se résume pas à ce qu’il produit. Cependant, dans la société qui est la nôtre, a fortiori dans le monde du sport de haut niveau, tout contribue à nous le faire croire. Certains comme Emmanuel Petit s’en défendent : « Si je peux m’affirmer aujourd’hui en tant qu’homme, c’est parce que le football n’a jamais été qu’une facette de ma personnalité » (op. cit., p.194).
Aujourd’hui Aravane Rezai sait… Cette prise de conscience devrait lui donner beaucoup de détermination en vue de prouver « qu’elle est plus forte que ça » (p.54). C’est tout ce que nous pouvons lui souhaiter à l’heure où Roland-Garros nous ouvre ses portes.
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